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Psychochirurgie: d’un concept ésotérique, à l’application clinique moderne

19 Novembre 2012 , Rédigé par Association Térapsy Publié dans #Progrès et modernité

Psychochirurgie: d’un concept ésotérique, à l’application clinique moderne

Ce terme qui peut paraître ésotérique, est une contraction de Psychiatrie et Chirurgie. Peut-on opérer le cerveau de manière à soigner les maladies psychiatriques? Cela exclue-t-il la prise en charge psychiatrique classique? Cela veut-il dire que les maladies psychiatriques ne sont que l’expression d’une malformation du cerveau, d’une «tumeur de la folie»? Et le psychologique dans tout ça ?! Ô Freud! Ô Lacan! Ô Blasphèmes!

Ces vingts dernières années, les psychiatres ont été au coeur de l’aventure des neurosciences modernes, permettant un nombre considérable de découvertes sur le fonctionnement du cerveau humain. Mais le médecin ne reste pas contemplatif, et la question qui succède toujours à la découverte scientifique est: comment allons-nous l’utiliser pour soigner nos patients?

La psychochirurgie contemporaine hérite d’une longue histoire qui demeure marquée à jamais par les dérives des lobotomies dans les années 1950, mais une nouvelle ère s’est ouverte avec la technique de stimulation cérébrale profonde. Celle-ci est apparue dans les années 1990 pour traiter la maladie de Parkinson, et consiste à implanter des électrodes directement dans le cerveau de manière à resynchoniser des réseaux de neurones défaillants. Le hasard a fait qu’un patient souffrant d’une maladie de Parkinson, mais également de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) bénéficia de ce traitement et fut considérablement amélioré cliniquement, non seulement pour ses symptômes parkinsonniens, mais également pour ses TOC.

A la suite de ce cas, une étude autorisée par les comités d’éthique a permis de confirmer que la stimulation cérébrale profonde est une technique thérapeutique envisageable chez les patients souffrants de TOC graves et résistants à toute autre traitement. Un bénéfice significatif a été démontré chez environ 2/3 des patients, et certains d’entre-eux ont tellement bien répondu qu’ils sont considérés comme guéris. Actuellement en France, environ une cinquantaine de patient ont bénéficié de la stimulation cérébrale profonde pour traiter leur TOC.

Mais la prise en charge ne s’arrête pas à ce stade! C’est justement à ce moment là qu’intervient la reconstruction de l’individu: s’il ne souffre plus de ses TOC, il souffre toujours des conséquences que ceux-ci ont pu engendrer pendant tant d’années, sur son environnement social et familial. La prise en charge psychiatrique et psychologique à long terme accompagne donc toujours le patient opéré.

Pour plus d’informations:

-Site de la haute autorité de santé: www.has-sante.f: Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) résistants : prise en charge et place de la neurochirurgie fonctionnelle

-Association de soutien aux patients souffrant de TOC: www.aftoc.org

Coordonnées:

Guillaume Gras Combe

guillaumegrascombe@gmail.com

DES neurochirurgie

CHU Montpellier

Grenoble Institut of Neuroscience

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G
Je vous applaudis pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Développez
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