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Les soins sans consentement : entre nécessité médicale et respect de l’individu

19 Novembre 2012 , Rédigé par Association Térapsy Publié dans #La psychiatrie ça me fait peur !!!

« Quoi d'étonnant, si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? »

Michel foucault, Surveiller et punir, 1975

L’hôpital psychiatrique a pour beaucoup d’entre nous une connotation très négative : c’est l’asile, un lieu d’enfermement plus que de soins.

Pourquoi enfermer pour soigner ?

Pour Michel Foucault, l’hôpital psychiatrique est un lieu répressif et normatif1, un endroit où la société met à l’écart et rééduque ceux qui mettent en danger l’édifice social : l’hôpital psychiatrique succède à la léproserie médiévale2.

Son histoire est liée à l’enfermement. Jusqu’au XVIIIeme siècle, les malades psychiatriques sont enfermés dans des hospices avec des sans-abris.

Plus tard, les avancées de la biologie et de la psychologie permettront aux malades d’être soignés en dehors de l’hôpital : la psychiatrie, de nos jours, repose sur des institutions de soins ouvertes.

Si le soin psychiatrique est possible en dehors de l’hôpital psychiatrique, pourquoi contraindre certains patients à y rester ?

Il peut arriver dans l’évolution d’une maladie psychiatrique qu’elle empêche provisoirement un patient de donner son consentement aux soins. Dans ce cas, le psychiatre peut prononcer une mesure de soins sous contrainte. Cette procédure se fait à la demande d’un tiers (SDT) ou sans tiers, en cas de péril imminent (SPI), par exemple en cas d’idées suicidaires très fortes.

Une mesure de soins peut être décidée à la demande d’un représentant de l’état (SDRE)4

Depuis le 5 juillet 2011, ces soins sous contrainte peuvent être prodigués en dehors de l’hôpital.

Ces mesures ne concernent pas la majorité des hospitalisations (16,07% des hospitalisations psychiatriques en 20103)

Sous l’impulsion de penseurs comme Michel Foucault, l’enfermement asilaire a été combattu

Pour autant, au delà du fait social, la maladie mentale est en premier lieu une souffrance psychique que le psychiatre, en tant que médecin, doit combattre, parfois sans le consentement du patient lorsque la maladie lui ôte la capacité de le donner.

Les conditions de ces soins doivent continuer à être débattus par la société civile, les psychiatres et les patients, pour qu’ils puissent continuer à être prodigués dans le respect de la dignité de la personne.

1 Michel Foucault, surveiller et punir, 1975

2 Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, 1961

3 Source :Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH).

4 LOI n°2011-803 du 5 juillet 2011 - art. 2

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I
Bonjour docteur quintilla, <br /> <br /> je voudrais réagir par rapport à cet article, si vous voulez bien débattre avec moi s'il vous plaît (avec tout le respect que j'ai envers votre travail)?... <br /> <br /> Mais, qu'en est-il si les "symptômes" ou "la maladie" manifestée chez un patient est en fait une conséquence d'une histoire familiale bourrée de secrets de famille et/ou de maltraitances et, pour qui l'enfermement forcé (donc sans l'accord du patient) deviendrait un affaiblissement de sa propre parole ? Il pourrait se sentira d'autant plus étouffer avec la sensation de trahison de la part du médecin, qui aurait collaboré avec la "condamnation des membres de sa famille" d'être reconnu comme "fou", et donc de ne plus du tout parlé car humilié /<br /> <br /> Alors qu'il est en fait peut-être que "l'animation" de maltraitances et que sa sensibilité fait que c'est lui qui ressent tout (par exemple)... <br /> <br /> quelles sont vos solutions, du coup dans ce genre de situation quand l'état psychiatrique du patient est une conséquence de maltraitance familiale, le faire enfermer par sa propre famille serait ultra violent, (à part si le médecin a compris la situation et aidera réellement le patient à se libérer)? Est ce que cette situation d'enfermement forcé ne favoriserait pas des situations de bouc émissaire?<br /> <br /> merci d'avance pour votre réponse.
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